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[resonant/la baleine]
vendredi 7 septembre 2007.
A chaque saison, on s’éprend d’un nouveau groupe, d’un nouveau disque de chevet (qui dit "chevet", dit "à écouter à la nuit tombée"). Le premier album de Carta accompagnera ainsi l’arrivée de l’automne 2007 et les ambiances à la mélancolie bleutée qui vont de paire, comme le suggère la pochette. Pour ouvrir The Glass Bottom Boat, les américains délivrent une longue épopée digne de Bark Psychosis, illuminée par une ligne de trompette. On sait dès lors dans quel registre va nous emmener Carta et qu’on les suivra aveuglement, quelque soit la destination. Autant donc se préparer à une virée au pays du songe, quitte à en revenir avec un spleen monstrueux. On leur accorde donc la même confiance pour nous guider dans le dédale de nos pensées intimes que celle que l’on témoigne régulièrement à Lanterna ou Scenic. Kyle Monday, qui signe l’essentiel des compositions, même si son acolyte depuis la fondation du projet en 2002 en co-signe quelques-unes, laisse virevolter sa guitare comme autant de confidences. Le duo devenu quatuor (bien leur a pris tant le batteur est parfait dans son rôle et rappelle celui des premiers albums de Red House Painters) a invité quelques personnes croisées aux côtés de Charles Atlas et d’autres, de Subtle, tandis que Eli Crews (de Beulah) se montre d’une étonnante retenue et justesse aux manettes. La musique de Carta est avant tout instrumentale, si ce n’est un chant féminin sur le très long morceau-titre The Glass Bottom Boat, absolument chavirant grâce à des mélodies à tiroirs, des breaks et autres changements de cap impromptus qui laissent voir d’autres paysages, d’autres étendues vierges et immaculées. On se laisse ainsi divinement ballottés, trop contents de laisser à quelqu’un de confiance la charge de nous promener. ![]() |
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