danny saul / harsh, final

danny saul / harsh, final

bifurcations
 
 


platine

takka takka / migration bear in heaven / beast rest forth mouth + remixed working for a nuclear free city / jojo burger tempest nacho umbert & la compañía  / ay...
[white box recordings/import]
jeudi 7 janvier 2010.
 
Bookmark and Share

Depuis ses prestations intransigeantes au sein du tandem Liondialer (aux côtés de Greg Haines), qui osait le grand écart entre micro-sons manipulés et déflagrations noisy, on savait le mancunien Danny Saul adepte d’expérimentations drastiques et peu enclin aux compromis. Il en est presque surprenant d’écouter son album solo, dans lequel l’animal sauvage tempère son propos en mettant sa soif d’expérimentations au service d’un songwriting passionné et noir, défendu par une voix chaude et spleenétique, mise très en avant, et dont le timbre ressemble à s’y méprendre à celui de Colin Meloy de The Decemberists.

Mais la comparaison s’arrête là, car les chansons de Danny ont ceci d’atypique qu’elles se greffent sur les formats étirés inhérents au genre ambient. Et la greffe en question prend admirablement bien. L’inaugural Your Death en est peut-être l’exemple le plus ostensible, débutant sur des tricots de fingerpicking délicat, quelque part entre Jim O’Rourke et Mountains, qui gentiment se distendent, se troublent et se démultiplient pour édifier une matrice ambient apte à accueillir un chant à la fois proximal et enveloppant. Les dix minutes de My Escape, se parent d’un drone menaçant et ronronnant, sérieusement chahuté par des secousses sismiques, craquements, crépitements et torsions de cordes, qui mettent à mal et en relief la douceur émanant d’une guitare égrenant des notes pensives.

Si à de rares occasions, quelques arpèges résonants et espacés s’auto-suffisent, évoquant ainsi les paysages de désolation chéris par les cadors d’un certain post-rock givré (Harsh, qui renvoie à Logh et Monopot, tandis que le préambule de Cannonball rappelle Labradford), les guitares opèrent souvent à de multiples niveaux et subissent des tripotages plus ou moins prononcés. Par ce biais, elles permettent l’agencement de réseaux architecturaux complexes et beaux, mêlant nappes nées du feedback et notes inversées au crescendo sèchement interrompu (Clockwork), ou servant de toile de fond à une chanson poignante et exaltée (ou surjouée, difficile de trancher) aux allures de road-movie à travers la Tundra, rythmée par des tapotements sur une caisse de résonnance ou des percussions à peau de bête (Cannonball et ses 13 minutes qui vont crescendo).

Les guitares désintégrées et voilées du court Final laissent place à un jeu en spirales, dextre et enlevé, qui n’est pas sans rappeler James Blackshaw, et sur lequel Danny démultiplie et sème sa voix à tous les étages (Stop Escaping), renforçant le caractère enveloppant et dense qui prévaut sur l’ensemble du disque. Un disque par ailleurs très réussi.



Creative Commons License


crippled black phoenix / i, vigilante
mark van hoen / where is the truth
project skyward / moved by opposing forces
the poison arrows / newfound resolutions
mimicking birds / s/t
s. carey / all we grow
devotionals / s/t
the soundcarriers / celeste
jaga jazzist / bananfluer overalt
the postmarks / memoirs at the end of the world
nils frahm
the call, by dale grundle aka the sleeping years
apillow
sparkle in grey
millimetrik
building castles out of matchsticks
piano magic
coriolis force
thisquietarmy
colleen