delphic / acolyte

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platine

takka takka / migration bear in heaven / beast rest forth mouth + remixed working for a nuclear free city / jojo burger tempest nacho umbert & la compañía  / ay...
[chimeric records/cooperative music]
samedi 16 janvier 2010.
 
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Où il est encore question de Manchester, la rivale de Londres, la capitale mondiale de la pop prolétarienne - en toute partialité, histoire de raviver le débat "Manchester vs Liverpool". Comment pourrait-il en être autrement quand la provenance géographique est affichée comme étendard, quand une ville joue un rôle aussi déterminant dans la musique ?

Nous ayant déjà fait mettre genoux à terre sur la foi de 2 premiers singles ébouriffants (Counterpoint sur le label électro belge R&S puis This Momentary sur Kitsuné), Delphic est vite devenu la plus belle promesse de l’année - et le groupe le plus hype du moment, incontestablement, grâce à une campagne promotionnelle savamment orchestrée.

A l’heure de concrétiser tant d’espoirs, ce n’est semble-t-il pas sur scène que le groupe les concrétisera (leur prestations n’ont, parait-il, rien de bien extraordinaire et leurs posture distanciée n’arrange rien). Non, la réponse, c’est ce premier album excellent de bout en bout, réfléchi et malin, forcément bien produit par Erwan Pearson (The Rapture, Ladytron, entre autres). De l’implacable et ascensionnel Clarion Call (beaucoup trop court !) à la dernière note du langoureux Remain, en passant évidemment par les singles efficaces (dont le troisième, Doubt qui parait en 7" et 12") et des titres plus posés. Un florilège de mélodies à la fois étreignantes et trépidantes, d’envolées épiques et étranglées, de mélancolie délectable. Acolyte convie tout ce que la scène de Manchester a enfanté de mieux dans le genre : New Order (énorme influence tutélaire), Doves, Happy Mondays, The Stones Roses, The Smiths, 808 States... On pourrait citer aussi des réminiscences Depeche Mode pour un morceau dont le titre fait écho à Joy Division, Submission. Sauf que Delphic vaut bien mieux que l’addition de tous ces empreints - inutile que les anciens de New Order s’échinent à réactiver Electronic, Revenge, Monaco, ou encore fomenter de nouveaux projets (Bad Lieutenant, Freebass) : la succession est assurée et largement transcendée par ces jeunots. Le trio s’applique à combiner avec justesse électronique et organique, en doublant, par exemple systématiquement les rythmiques (percussions et lignes de basse aussi lourdes que rondes et digressions technoïdes) ou encore par un adroit travail sur les voix et les chœurs (en nappes, en boucles, étirées à l’infini). Cette combinaison atteint son paroxysme sur le morceau titre, odyssée de presque 9 minutes qui transporte sur le dancefloor d’une Haçienda qu’on ne fréquentera malheureusement jamais.

Tiens, d’ailleurs, il parait que Peter Hook vient de racheter les anciens bureaux de Factory Records pour les transformer en salle de concerts... En toute logique, Delphic devrait être l’invité vedette le jour de l’inauguration.



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