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[city-centre-offices/la baleine]
mercredi 26 janvier 2005.
Bizarrement, je connais la musique de Marsen Jules depuis son premier album sur Autoplate, Lazy Sunday Funerals. Quelle petite merveille, gratuite qui plus est ! Minimale, la musique de Jules avait pris pas mal d’ampleur avec Yara, son second disque pour Autoplate. Les structures atmosphériques du musicien allemand devenaient alors plus répétitives et éthérées ; incluant des éléments de musiques classiques (cordes notamment), il traitait les sons et les samples, les faisant bourdonner, sauter ou saturer indépendamment. Herbstlaub, album automnal conceptuel, s’inscrit dans la lignée directe de Yara 01. Arythmique, ce premier album matériel contient six compositions étranges et immatérielles. Une immatérialité construite sur le quotidien : “Most of his rhythm sounds are based on ordinary and non ordinary noises which he recorded in his living room”. On l’imagine tout de suite reclus chez lui, manipulant des microphones comme des filets à papillons, d’autant que l’artiste multiplie les projets (dont Krill.Minima, projet autour des mouvements minimaux de minuscules animaux électroniques aux sons dub, paraissant chez Thinner - label siamois et co-identité dansante d’Autoplate). Cependant, quelques échanges de mails ces temps-ci me laissent à penser que c’est un monsieur normal, et qui plus est, plutôt sympathique. Là, je m’égare. Ainsi, il semblerait qu’un quatuor à cordes évolue dans le salon de l’intéressé, subissant des traitements qui évoquent ceux d’Ekkehard Ehlers (Plays) ou ceux que le temps peut faire (The Desintegration Loops de William Basinski). Influencé par Reich, Eno ou Henry, l’ambiant de Jules et ses sonorités fortes peuvent s’accompagner d’un tempérament médiéval - du moins, on peut dire qu’elle tient du majestueux. Si l’ensemble est calme, mélancolique, certains sons ont une personnalité forte et semblent contenir une certaine douleur, voire une violence. Quelque chose de profondément romantique, comme enfoui sous des couches aquatiques plus sombres. Je m’égare encore. Herbstlaub ne déçoit pas et devra sans doute être écouté plusieurs fois. Ce qui sera facile. De plus la publication de ce disque semble indiquer une nouvelle mentalité des labels, l’oreille penchée sur les netlabels comme sur des pairs. Marsen Jules est l’un des premiers à bénéficier de ce type d’attention, délivrant également sous l’identité Krill.Minima un magnifique mix, disponible sur le site de Type Records. ![]() |
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