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jeudi 5 avril 2001.
 
à part EU, on avoue être totalement inculte quand il s’agit de la scène russe, électronique ou pas d’ailleurs. rencontrer , auteurs de ce qui doit être l’un des tous meilleurs albums d’electronica de tous les temps -le meilleur ?-, monochrome plural, était une occasion inespérée d’éclairer notre point de vue sur leur pays et leur musique. si nous n’avons pas pu discuter avec eux autant que nous le souhaitions, ils nous ont réservé un accueil auquel n’aurons pas eu droit, au hasard, ceux qui nous avaient précédé dans cette entreprise. malgré tout, l’entretien aura été tour à tour surprenant, prenant, exotique. quant au concert, sachez que les titres sont reconnaissables mais très différents, plus rythmés, comme "tarwaterisés".
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Musicalement, vous sentez-vous isolés en Russie ?
Vlad : notre musique n’est pas typiquement russe mais nous ne n’y sentons pas isolés. Il y en a beaucoup qui font de la musique électronique en Russie.

Est-ce que Amber et Tri Repetae d’Autechre ont été des influences pour vous ?
Dmitry : Je pense que oui, mais influence est un bien grand mot. En ce qui concerne Autechre nous nous sommes arrêtés à Chiastic Slide qui est sorti en 1997 après Tri repetae.

Vous sentez-vous proche de la scène Berlinoise ?
V : Non, absolument pas.
D : En fait nous nous sentons plus proches de la scène anglaise. La scène électronique allemande est plutôt dure, lourde, physique et dansante. La scène anglaise est plus... « intellectuelle ».

Comment avez-vous commencé à travailler avec Domino ?
V : Quand nous avons sorti notre premier 7’’ sur City Centre Offices à Berlin, il a été acheté par un musicien du label qui l’a fait écouter à Lawrence Bell, le boss de Domino qui nous a contacté par la suite au moyen d’un e-mail.
Qui est cet artiste de Domino ?
V : Je ne sais plus. Peut-être un membre de Pavement.

Pouvez-vous nous parler de la scène russe dont vous vous sentez proche ?
D : Il y a Solar X, un très bon groupe de musique électronique de Moscou. A St Petersbourg, il y a E.U., de très bons amis à nous qui font également de bons morceaux de musique électronique, ils sont sur le label anglais Pause2 à Bristol.

Peut-on dire qu’il y a dans votre musique quelque chose de typiquement russe ou pensez-vous que votre musique est internationale ?
V : Je ne sais pas, je ne vois pas en quoi notre musique est russe, pourtant les journaux ont publié des articles sur nos disques en y trouvant quelque chose de russe, alors peut-être...
D : Nous vivons à St Petersbourg qui est une grande ville de plus de cinq millions d’habitants dans laquelle il y a beaucoup de musiciens de divers genres. C’est une ville très riche culturellement. Tout cette culture qui nous entoure nous influence évidemment.

Que représente la pochette de votre album Monochrome Plural ?
D : Rien.
V : Nous avons fait écouter l’album à un ami graphiste à qui nous nous en sommes remis pour la conception de la pochette.
D : C’est ce que notre musique lui a inspiré.
V : Ca vous a plu ? (rires)

Comment travaillez-vous ? Comment composez-vous vos morceaux ?
D : C’est très compliqué à expliquer car chaque chanson est fabriquée de façon différente.
V : La méthode ne se répète jamais deux fois.

Vous travaillez chacun de votre côté ou ensembles ?
D : J’ai un petit studio, Vlad et Dmitry (troisième membre du groupe, absent ce jour-là, ndr) également. Chacun apporte des parties de morceaux, après il s’agit de se rassembler chez moi pour réunir ces travaux individuels.

V : Pour le prochain album nous voulons travailler ensemble, composer en trio.
D : Chacun peut composer la mélodie ou les rythmes.
V : C’est notre devise : toujours différent ! Think different !
Drink Pepsi ! (rires).

Vos morceaux sont très différents les uns des autres. Cela tient à vos différences à tous les trois ou bien cela tient-il à une volonté ?
V : Très bonne question, c’est une question qu’on ne nous avait jamais encore posé. Les différences tiennent à nos singularités et à notre goût pour la variété.
D : Nous avons écouté beaucoup de musique et souvent nous étions déçus par le fait que tous les morceaux se ressemblaient, nous voulions faire le contraire.

Peut-on parler de poésie pour décrire votre musique ?
V : Notre musique a une âme qui peut paraître poétique. Nous pensons que la musique électronique est souvent quelque chose de sec et sans mélodie.
D : Souvent la musique est de mauvaise qualité car il n’y a qu’un Dj, un dancefloor et c’est tout, et cela tue la musique. Pour nous la musique c’est avant tout la mélodie, c’est peut-être cela qui paraît poétique.

Etes-vous influencés par le cinéma ? Quel sont vos goûts ?
V : Je ne peux répondre qu’en mon nom. Je n’ai pas vu beaucoup de films, j’ai plus écouté de la musique. Une fois j’ai vu un vieux film américain avec Jack Nicholson, Vol Au Dessus D’Un Nid De Coucou. Sinon, j’aime bien Forest Gump.

interview gilles/stéphane/mathieu/damien
bordeaux zoobizarre
05/04/01
merci à mathieu
photo stéphane



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