Carte Postale Records multiplie les parutions en cdr, quand ce n’est pas du cd ou du dvd : bref l’équipée namuroise est volontaire, conquérante, et tend désormais à insuffler une réelle énergie à la scène electronica belge. Après Pillow et Bidibop, voici une nouvelle moisson de sorties.
Humbert Utz, de son vrai nom Jonathan Burnay, délivre cinq pièces d’electronica organique gravées sur cdr pour une durée totale de 38 minutes. La Nature Est Plus Belle Encore, en ouverture, prend sa naissance dans quelques notes de claviers et frétillements numériques. Comme des pas dans la neige, puis une liquéfaction, un dégel. Ensuite notes traitées, rythmique et nappes s’emballent dans un bel esprit conquérant avant de s’arrêter bien vite, avant de devenir un autre morceau à la mélodie gracile et enfantine. On ne retrouve cette ampleur et ce dynamisme que plus loin, avec un Magnetophone plein d’évolutions. Entre temps, c’est plus plat, les compositions enchaînent divers passages mais semblent y chercher leur route, avant de renoncer. Sans doute encore un peu verte, la musique claire d’Humbert Utz ne pourra que se personnaliser davantage en prenant de la bouteille.
Sur son premier album cdr, A.N.A.L.E.P.T. dévoile une personnalité plus forte, des développements plus immédiats et une production plus étoffée. Les cordes de Intro accrochent immédiatement l’auditeur, de même que l’onirique et rythmé Diapecr. A.N.A.L.E.P.T. explore ensuite un registre plus abstrait, mis en valeur par de beaux breaks rythmiques (Drem Tirany, le percutant Alaska) avant de flirter avec des ambiances hip-hop orchestrales (Dursel) et d’offrir une belle pause presque acoustique, où le piano est triste et grave (Mope). Il revient avec So Frightened à des atmosphères théoriques et froides, pour les délaisser à nouveau avec Erafader dont les beats évoquent Phonem. Bref, le Flaw d’A.N.A.L.E.P.T. est assez convaincant ! [...]