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haruka nakamura / twilight

[kitchen label/p*dis]

mardi 5 octobre 2010, par jérôme

" Si vous n’aimez pas la mer… si vous n’aimez pas la montagne… si vous n’aimez pas la ville… allez vous faire foutre ! " Et si vous n’aimez pas Twilight, pareillement. Le deuxième album du jeune compositeur japonais Haruka Nakamura a ceci d’exceptionnel qu’il possède ce qui fait les plus beaux disques de chevet : une respiration à laquelle on s’ajuste. L’éditeur de ce très bel objet, le jeune label asiatique Kitchen, pointe lui-même en référence certains disques ECM, en particulier The Melody At Night With You de Keith Jarrett. Twilight pourrait effectivement en être le petit frère. On pourra toujours reprocher à Haruka Nakamura sa façon d’embellir le propos – ce disque est un manifeste d’esthétisme à tous points de vue. Mais il y a du bon dans cette sophistication de l’ordinaire : le retour de la sensibilité ET de l’élégance, deux qualités que l’on a perdu l’habitude de voir ensemble à force de nager dans un océan de médiocrité. L’océan, c’est justement la vue qu’avait Nakamura en enregistrant ces compositions. Il suffit d’écouter le passage du temps : rien n’est vraiment imaginaire, tout est impression, piano, soleil levant. N’est-ce pas un phare qu’on devine dès l’ouverture ? Il y a dans Twilight des chansons impossibles à oublier (le morceau titre interprété par April Lee d’Apidistrafly en tête, bel exemple de boucle d’or), des harmonies du soir et une lumière qui vit ses derniers instants. Piano mélancolique, instruments à vent, guitares près du feu. Ce qui vous attend n’est rien d’autre qu’un monde magnifié, une heure bleue au crépuscule, peut-être bien ce que la musique a de plus beau à offrir : un refuge.

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