AUTRES DIRECTIONS
Accueil du site > CHRONIQUES > epic45 / weathering

epic45 / weathering

[make mine music/import]

lundi 2 mai 2011, par jérôme

"Que la lumière soit. Et la lumière fugue". Attendu comme le messie par nombre de fans transis, le cinquième album des anglais d’Epic45 renoue avec les sculptures nuageuses et autres touches impressionnistes qui faisaient les grands jours de May Your Heart Be The Map. Exit l’instant pop du précédent mini-album, place à la solitude relative du coureur de fond. Moins immédiat qu’In All The Empty Houses (leur disque le plus accessible à ce jour), plus équilibré que May Your Heart Be The Map (leur maitre-étalon), le nouvel opus des futurs trentenaires Rob Glover et Ben Holton témoigne si besoin était d’un talent ô combien éclos pour la peinture sonore dans ce qu’elle a de plus saisonnier et sensitif. Errements mélancoliques, lumières voilées, ambiances vaporeuses et silhouettes nocturnes. Si People Say This Place Is Slowly Dying évoque d’entrée le sens de la formule des frères Adams (Richard, ex-Hood et actuel The Declining Winter, figure soit dit en passant au générique), il annonce également la couleur. Typiquement anglais et volontiers pastoral, tout l’art du groupe tient en une interprétation personnelle d’un quotidien (la vie rurale) et d’une somme d’influences assumées (de Depeche Mode à Hood, de Boards Of Canada à Red House Painters, de Talk Talk à Disco Inferno). A l’ombre des médias, du temps pressé et autres futilités urbaines, The Village Is Asleep (en ligne directe avec l’album Hex de Bark Psychosis), With Our Backs To The City (co-écrit avec le Baby Bird en chef Stephen Jones) ou Ghost I Have Known (July Skies et The Durutti Column, bien au chaud dans une même chanson) rejoignent ainsi sans forcer une malle au trésor déjà bien garnie, capable de séduire et de rassembler toutes les sensibilités. Si Weathering n’est pas le classique intemporel que l’on pressent venir un peu plus à chaque disque, il prolonge tout en élégance et subtilité l’histoire incroyable de deux amis d’enfance dont la musique a quitté l’ordinaire de l’époque pour s’inscrire crescendo au firmament des plus grands. De gré ou de force, vous y viendrez.

Share |

Aller plus loin (mots clés et articles associés) :